mercredi 8 juin 2016

H comme... Jean Hucher signe un bail pour 3 vies

Le 17 juillet 1782, Louis GERARD épouse Marie Anne Catherine CADET. Il a 34 ans et Marie Anne 24 ans. Mais ses parents sont déjà décédés, elle est donc mineure lors de son mariage et elle doit obtenir l'accord de son curateur Armand CORPEL, son cousin germain, le frère de Marie-Catherine, sa marraine, elle aussi décédée en 1765.

Il faut surtout remarquer que c'est chez les GERARD, le premier événement qui se situe en-dehors de Marnay-sur-Seine. En effet leur mariage a lieu à quelques kilomètres dans le village de Saint-Hilaire-sous-Romilly, toujours dans l'Aube.

Marie Anne CADET est issue de plusieurs familles originaires de villages proches et dont les activités sont éloignées de celles habituelles des Gérard liées à la navigation sur la Seine.

Avec Marie-Anne, c'est toute la vie de la campagne qui apparaît…

J'ai ainsi découvert des laboureurs, des vignerons et des meuniers, mais aussi des charrons, des charpentiers et des couvreurs.

Ils habitaient sur le secteur de Quincey, Saint-Hilaire sous Romilly, Ferreux ou Saint-Aubin.


C'est à Saint-Aubin que j'ai retrouvé le plus ancien aïeul de Marie Anne, et donc aussi le mien évidemment ! C'est mon sosa 99 394, 16 générations nous séparent !

MERCI à Yves BEAUVILLE pour ses fabuleux travaux de recherches, rédaction et classement remarquables et tellement utiles (site).

C'est grâce à lui que j'ai retrouvé beaucoup de mes ancêtres du XVIe siècle, dont cet aïeul, et il m'a permis -en autres- de découvrir plusieurs actes le concernant et ce bail "pour 3 vies".

Cet aïeul s'appelle Jehan HUCHER et porte le titre de procureur des religieuses du Paraclet. Il est aussi laboureur et exploite les terres de l'abbaye. Il sera inhumé dans l'église de l'Abbaye du Paraclet, à Saint Aubin. Je suppose que cela devait être considéré comme un honneur.

Ainsi Jean HUCHER signe un bail "pour 3 vies" avec les abbesses de l'abbaye de Paraclet :
"Le 6 avril 1488, Jean HUCHER et Félizon Brocard,sa femme, prennent des abbesses du Paraclet le bail à titre de rente et moisson de grains, du gaignage [fruit d'une terre labourable par semence de grains] et labourage de la terre des Mergers à Saint-Aubin, soit 9 x 20 arpents de terre en labour et en friches, et d'une terre à La Chaume, soit 20 arpents de pré et buisson. La durée du bail est fixée à trois vies, à savoir lesdits preneurs pour la première vie, les enfants procréés de leur mariage légitime pour la seconde vie, et les enfants procréés des légitimes mariages de leurs enfants pour la troisième vie. En contrepartie, lesdits preneurs promettent de nettoyer et essarter les terres qui sont en friches aux Mergers et d'y faire édifier une maison de 4 demeures avec grange de bois et étable, et aussi de faire édifier à La Chaulme une maison de 4 demeures."
Entre 1491 et 1496, on le retrouve dans les impositions de Saint-Aubin :
"Jehan HUCHER paye cens à Saint-Aubin en 1491 et 1494 pour sa vigne et pour un demi-arpent de terre accin [jardin] ; Jehan DE VIGNES, [son gendre] charpentier paye en 1491 et 1493 pour sa part du verger pour ce payé par la mère de HUCHER; il paye en 1491 pour sa plante et pour un demi-arpent de Housoy …"
Puis on poursuit par le désistement du bail par sa fille qui échange une partie de sa succession par une garantie sur son entretien et son inhumation :
"Le 30 avril 1544, Jehanne HUCHER, veuve de Jehan DEVIGNES, en son vivant demeurant à la Chaulme, se déporte du bail à trois vies pris il y a 60 à 80 ans, le 6 avril 1488, par feu Jehan HUCHER son père au profit des religieuses du Paraclet d'un gaignage à Saint-Aubin à condition de la nourrir, loger, coucher, chauffer sa vie durant et après son décès la faire inhumer selon sa condition. Jehanne jouit de 30 arpents des terres des Mergers pour la deuxième vie, reconnaissant être âgée de environ 80 ans, ne peut plus vaquer à ses aisances et négoces pour son vêtir, nourrir et entretenir. Elle sera inhumée en l'église de l'abbaye devant l'autel Monseigneur Saint-Jean après ledit défunt Jehan HUCHER son père étant inhumé audit lieu"

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