dimanche 5 juin 2016

E comme... Excommunication des insectes

Au XVIIe, une partie de la famille d'origine de ma grand-mère Marie-Adrienne LENFANT  provenait de Dival et de Villenauxe-la-Grande. voir D ]
Ils s'appelaient MAILLET, GUEROU, PONCE ou BUGNOT et ils étaient tous pour la plupart vignerons en complément parfois d'autres métiers.
Photo : randowill.over-blog.com
A Villenauxe-la-Grande, la culture de la vigne a été pratiquée depuis le 13e siècle, implantée et développée par les moines. Tous les coteaux étaient recouverts et la vigne représentait une vraie richesse qu'il fallait défendre. 

C'est ainsi qu'au XVIe siècle, on a expérimentée une manière originale de combattre les insectes qui ravageait la vigne : l'Excommunication des insectes !

Bien que cette anecdote soit assez connue et souvent citée, je voulais vous la relater car je peux imaginer que certains de mes ancêtres de Villenauxe ont pu vivre cet événement  sans le sourire que l'on peut émettre aujourd'hui, ou que cette histoire a dû être souvent reprise dans les veillées...

Ces passages sont extraits de plusieurs ouvrages consultables en ligne 
"Au moyen âge on soumettait à l’action de la justice tous les faits condamnables de quelque être qu’ils fussent émanés, même des animaux.
L’histoire de la jurisprudence nous offre à cette époque de nombreux exemples de procès dans lesquels figurent des taureaux, des vaches ; des chevaux, des porcs, des truies, des coqs, des rats, des mulots, des limaces, des fourmis, des chenilles, sauterelles mouches, vers et sangsues.
La procédure que l’on avait adoptée pour la poursuite de ces sortes d’affaires revêtait des formes toutes spéciales ; cette procédure était différente, suivant la nature des animaux qu’il s’agissait de poursuivre.
Si l’animal auteur d’un délit – tel par exemple qu’un porc, une truie, un bœuf – peut être saisi, appréhendé au corps, il est traduit devant le tribunal criminel ordinaire, il y est assigné personnellement ; mais s’il s’agit d’animaux sur lesquels on ne peut mettre la main, tels que des insectes ou d’autres bêtes nuisibles à la terre, ce n’est pas devant le tribunal criminel ordinaire que l’on traduira ces délinquants insaisissables, mais devant le tribunal ecclésiastique, c’est-à-dire devant l’officialité."
Source : 
http://www.ebooksgratuits.com/html/agnel_proces_contre_les_animaux.html#_ftn65

On retrouve ainsi cette sentence de 1516
"Sentence de l’official de Troyes en Champagne, du 9 juillet 1516. 
« En cette année les habitants de Villenauxe, au diocèse de Troyes, présentent requête à l’official de cette ville, disant qu’ils sont excessivement incommodés depuis plusieurs années par des chenilles qu’ils appelaient  hurebets. [ ] Ce juge ecclésiastique ordonne d’abord, sur les conclusions du promoteur, une information et une descente de commissaires, qui reconnurent que les dommages causés par les animaux dont on se plaignait étaient très-considérables : sur quoi première ordonnance qui enjoint aux habitants de corriger leurs mœurs. Bientôt une nouvelle requête dans laquelle ceux-ci promettent de mener une meilleure conduite. 
Seconde ordonnance de l’official, qui enjoint aux hurebets de se retirer dans six jours des vignes et territoires de Villenauxe, même de tout le diocèse de Troyes, avec déclaration que si dans le terme prescrit ils n’obéissent pas, ils sont déclarés maudits et excommuniés. "

Voici l'intégralité de cette ordonnance reprise dans  l'ouvrage disponible sur Gallica
Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube - Auteur du texte : Société académique de l'Aube. Edité en 1865













extrait vu aussi dans cet ouvrage


Un article pour poursuivre sur ce thème sur le blog "le Grenier de nos ancêtres" qui nous présente le même type de procès en Maurienne (Savoie) : http://lgdancetres.com/proces-insectes-moyen-age/

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